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Faire germer les “jours d’après “

18 avril 2020,

Communiqué de presse émis le 8 avril 2020 par l‘Association Terre de Liens 

Faire germer les “jours d’après “

La crise du coronavirus révèle notre vulnérabilité face à des chaînes de production mondialisées et à un commerce international en flux tendu qui ne nous permettent pas de fabriquer et de disposer, en cas de choc, des biens de première nécessité : masques, respirateurs et médicaments, qui manquent cruellement depuis plusieurs semaines à notre système de santé. C’est vrai également de certaines productions alimentaires, qui se raréfient après seulement quelques semaines de confinement. Des crises comme celle-ci se reproduiront, notamment dues au bouleversement climatique en cours à l’échelle planétaire.

Afin de s’y préparer, nous, citoyen·nes, agricultrices et agriculteurs engagé·es, pensons qu’il faut aller vers une relocalisation massive des activités de production alimentaire qui permettra d’enclencher une réelle transition écologique et sociale. 

La production agricole en France n’est actuellement pas à la hauteur de cet enjeu. Elle est largement dépendante d’une main d’œuvre étrangère, souvent sous payée et ne bénéficiant pas de droits élémentaires des travailleurs (sécurité sociale, chômage, etc.), et cette main d’œuvre manque terriblement depuis la fermeture des frontières.

L’agriculture française continue à produire majoritairement de manière industrielle, souvent pour les marchés mondialisés. Et une grande partie de cette production ne sert pas directement à l’alimentation humaine (suite…)

Le pouvoir de vivre écrit au Président

12 avril 2020,

à Monsieur Emmanuel MACRON Président de la République
55, rue du Faubourg Saint Honoré 75008 PARIS 

Paris, le 9 avril 2020 

Monsieur le Président de la République, 

Depuis le début de la crise sanitaire du Covid-19, nos organisations jouent un rôle essentiel pour venir en aide à celles et ceux qui en ont le plus besoin et notamment les plus précaires. Nous avons décidé de ne pas entrer dans des polémiques inutiles voire néfastes dans la période dramatique que connait notre pays. Au contraire, nous faisons le choix de la solidarité nationale, de la responsabilité et de l’unité car c’est là l’urgence du moment. 

Souvent en lien avec les ministres, les services de l’Etat et les élus des collectivités territoriales, nos organisations, avec leurs salariés, adhérents et bénévoles, sont encore aujourd’hui en première ligne au quotidien. Nous savons que les jours et les semaines à venir s’annoncent encore difficiles pour la population dans son ensemble, et davantage encore pour toutes les personnes en situation de fragilité ou d’exclusion, comme pour celles et ceux qui travaillent sur le terrain de cette crise, notamment dans toutes les structures de soins, médico-sociales et sociales, ainsi que dans l’ensemble des services indispensables à la vie de la Nation. 

Dans une situation que nul n’a choisi ni ne pouvait prévoir, nous partageons le vécu de nos concitoyens et soutenons toutes celles et tous ceux qui subissent quotidiennement la précarité accentuée par la situation ou la peur d’un mal invisible et d’un avenir incertain. 

Sans faiblir dans cette mobilisation quotidienne, il nous semble également nécessaire d’anticiper la sortie de cette crise, (suite…)

Sur le blog d’Axel Kahn

9 avril 2020,

Sous le titre LES (mauvaises) SURPRISES DU Sras-CoV-2, alias Covid_19, le point de vue d’Axel Kahn, 9 avril 2020

Les habitués de mes billets savaient depuis la fin février que l’épidémie chinoise était devenue une pandémie, que nous en serions affectés, que dans ce contexte voter pour les municipales était absurde. En effet, la pneumopathie virale entraînée était, soulignais-je, 2 à 3 fois plus infectieuse et 10 à 30 fois plus mortelle que la grippe saisonnière. Elle évoquait plutôt la grippe espagnole. Je notais de plus que les morts liées à Covid_19, son nom d’alors, étaient directes, celles de la grippe saisonnière le plus souvent indirectes. J’ai aussi donné un modèle mathématique d’évolution de l’épidémie qui, avant l’inflexion de la courbe sous l’effet du confinement, s’est révélé prédictif. Aucune surprise, par conséquent, dans ce qui se passe ? Et bien si.

Le Sars lié au virus CoV-2 peut-être une maladie bien plus sévère, redoutablement sévère, qu’anticipé. De plus, ce n’est pas qu’une pneumopathie, c’est une affection sérieuse de l’organisme entier, par des mécanismes directs et indirects. (suite…)

Le questionnaire de Bruno Latour

4 avril 2020,

Sur AOC media : Imaginer les gestes-barrières contre le retour à la production d’avant-crise

Par Bruno Latour, philosophe et sociologue

Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. L’inventaire annuel, c’est maintenant qu’il faut le faire. A la demande de bon sens : « Relançons le plus rapidement possible la production », il faut répondre par un cri : « Surtout pas ! ». La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant.

Il y a peut-être quelque chose d’inconvenant à se projeter dans l’après-crise alors que le personnel de santé est, comme on dit, « sur le front », que des millions de gens perdent leur emploi et que beaucoup de familles endeuillées ne peuvent même pas enterrer leurs morts. Et pourtant, c’est bien maintenant qu’il faut se battre pour que la reprise économique, une fois la crise passée, ne ramène pas le même ancien régime climatique contre lequel nous essayions jusqu’ici, assez vainement, de lutter.

En effet, la crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise – toujours passagère – mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonne chance de « sortir » de la première, nous n’en avons aucune de « sortir » de la seconde. Les deux situations ne sont pas à la même échelle, mais il est très éclairant de les articuler l’une sur l’autre. En tout cas, ce serait dommage de ne pas se servir de la crise sanitaire pour découvrir d’autres moyens d’entrer dans la mutation écologique autrement qu’à l’aveugle.

Et si nous pouvons divulguer le « questionnaire » : (suite…)

Résistance climatique

23 mars 2020,

Nous avons lu sur le site de Reporterre :

Je ne crois pas que le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité soient des fatalités. Nous les avons créés. Nous pouvons y mettre fin. En modifiant radicalement nos modes de vie et de fonctionnement, nous pouvons inverser la tendance. Nous pouvons construire des sociétés prospères et heureuses en consommant dix fois moins d’énergie et ainsi « sauver » le climat et la biodiversité.

Force est de constater que ce n’est pas la trajectoire actuelle. Cette bataille semble perdue, c’est qu’elle n’a jamais été réellement tentée. Nous contemplons la dégradation rapide de la situation, comme si nous étions impuissants.

Nous avions l’excuse d’attendre que les politiques gèrent le problème. Encore récemment, les États ont pris des engagements lors de l’accord de Paris sur le Climat. Nous voyons que ces engagements ne sont pas tenus, alors même qu’ils étaient insuffisants pour maintenir le réchauffement en deçà de 2°C. En ce domaine, les discours et les actes semblent « déconnectés ». Entrons en résistance climatique

L’Écologiste (copinage)

22 mars 2020,

L’Ecologiste. Trimestriel, en Angleterre depuis 1970, en France depuis 2000

Masques, tests, oxygène médical : vous trouverez trois informations clés ci-dessous sur la situation en France, alors que 900 millions de personnes dans le monde sont désormais soumises à un confinement, pour leur santé et celle des autres. Nous vous proposons également des idées de lectures ci-dessous – les envois de livres et de revues continuent, vous pouvez passer commande en ligne ou par courrier.

Le numéro de printemps de L’Écologiste, numéro 56, sera posté aux abonnés lundi 23 mars. Vous pouvez vous abonner si ce n’est déjà le cas – ou vous réabonner – en ligne ou par courrier à l’adresse : Bureau B1397 à 60643 Chantilly. Avec nos remerciements, l’équipe de L’Ecologiste.

ACTUALITES Masques : quels sont les stocks stratégique de l’État ? Le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué lors de sa conférence de presse samedi 21 mars : « Quand le Covid-19 est apparu, il ne restait qu’un stock d’Etat de 117 millions de masques chirurgicaux pour adultes et aucun stock stratégique d’Etat en masques FFP2. » Aujourd’hui, toujours selon le ministre, ce dernier stock des masques les plus efficaces, destinés aux soignants, permettrait de tenir trois semaines.

ACTUALITES. Tests : où sont les réactifs ? Selon le professeur Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique mis en place par le gouvernement sur le coronavirus : « Nous avons un énorme problème avec les réactifs utilisés dans les tests. Ces réactifs de base proviennent de Chine et des Etats-Unis. La machine de production s’est arrêtée en Chine et les Etats-Unis les gardent pour eux. » (interview dans Le Monde du 20 mars).

ACTUALITES. Oxygène médical : où sont les bouteilles ? Les hôpitaux utilisent des cuves à oxygène. Mais en cas de surplus de malades, il faut des bouteilles à oxygène dont la seule usine de fabrication dans l’Union européenne, à Gerzat dans le Puy de Dôme, a été fermée en 2019 par son propriétaire britannique pour cause de concurrence internationale trop forte sur les prix. L’Italie manque de ces bouteilles. La situation française n’est pas connue. Les outils de production sont encore sur place, les 138 ouvriers licenciés demandent la réouverture de l’usine par l’État comme l’indique le magazine L’Usine nouvelle du 20 mars. (suite…)

L’an 01

20 mars 2020,

 

 

La société est à la raie

18 mars 2020,

Pour ce que rire est le propre de l’homme, même si Rabelais a pu se tromper sur ce point précis. Nous avons emprunté le titre à Jérôme de Warzee, dont vous pouvez voir l’intervention en rediffusion ici.

La Rédaction

Vive la récession !?

13 mars 2020,

Par Thierry Caminel

Nous y sommes. Coronavirus renforce ce que de plus en plus d’économistes pensent: le monde risque d’entrer en récession en 2020, c’est à dire que le PIB –produit intérieur brut, l’indicateur clef de l’économie – va baisser. Déjà les raisons ne manquaient pas : protectionnisme, Brexit, endettement privé et public, bulles spéculatives prêtes à exploser, augmentation des taux d’intérêt, tensions géopolitiques et géologiques sur l’approvisionnement énergétique, faiblesse structurelle des banques centrales et privées, … . Coronavirus nous rappelle en plus combien notre monde est sensible à la moindre perturbation qui affecte le déplacement des personnes et des biens.

Pour tous, c’est une très mauvaise nouvelle, un risque majeur qu’il faut absolument éviter, car récession a toujours été synonyme de montée du chômage, recul des services publics, augmentation de la précarité, pour ne citer que ces conséquences. Personne n’a envie de revivre les situations de 1929 dans le monde industriel, de 1998 en Argentine, ou de 2008 en Grèce.

D’autant plus que cette récession pourrait être sévère. La croissance mondiale moyenne diminue structurellement en effet d’année après année, tandis que le système financier n’a pas encore récupéré de la crise de 2008. Le prix du pétrole – cause des récessions de 1973, 1979 et 2008 – n’a jamais été aussi volatil, en partie du fait de la faiblesse de la production mondiale, en hausse seulement dans quelques pays – mais pour combien de temps ?

Mais cette récession pourrait être une bonne nouvelle pour la Planète, et en particulier pour le climat. (suite…)