Archives d’un auteur

Pendant la Covid-19 (3 : Les enfants d’abord)

3 septembre 2020,

sur l’île de Groix – Loïc Venance/AFP

Un article paru dans “The Conversation” sous le titre : Rentrée scolaire : “La Covid-19 n’est définitivement pas une maladie pédiatrique” Par Christèle Gras-Le Guen et Régis Hankard

Au printemps, les professeurs de pédiatrie Christèle Gras-Le Guen, vice-présidente de la société française de pédiatrie, et Régis Hankard, coordonnateur du réseau de recherche clinique pédiatrique Pedstart, se voulaient rassurants : en matière de Covid-19, il n’y avait alors « pas de raison de s’inquiéter pour les plus jeunes ». Qu’en est-il trois mois plus tard ?

(suite…)

Le jour du dépassement a reculé !

22 août 2020,

Depuis 2014, le Sauvage vous signale chaque année la date du jour du dépassement des ressources de la planète (http://www.lesauvage.org/2014/08/overshoot/). C’est l’Earth Overshoot Day calculé par le Global Footprint Network, cette institution d’origine universitaire à l’origine de la notion d’empreinte écologique. Cette année le jour du dépassement est le 22 août, plus de 3 semaines plus tard qu’en 2019. Ce n’est pas la première fois que notre empreinte s’allège depuis le début du dépassement en 1970 mais c’est un record. Pour mémoire le dernier recul a été causé par la crise de 2008. Pour cette année la cause est connue, c’est le confinement dû à la pandémie. S’il fallait cette preuve supplémentaire, cela confirme que la gestion de la planète est incompatible avec la croissance économique.

Le calcul peut bien entendu être appliqué aux différents pays plutôt qu’à la Terre entière, la France a connu le dépassement de ses ressources le 14 mai, pas de quoi pavoiser.

La Rédaction

Le déni de finitude des ressources

24 juillet 2020,

La croissance en France de 1960 à 2013 d’après les chiffres de l’INSEE

Nous avons lu sous le titre Vomissures croissancistes sur la décroissance, sur le blog de Biosphère le 15 juillet 2020, un florilège de déclarations péremptoires de personnes qui sont probablement sincères mais n’ont pas compris que nous n’aurons le choix qu’entre une décroissance contrôlée ou une décroissance subie, forcément plus brutale.

Les Croissancistes croient que parce nous avons marché sur la lune, nous pouvons mettre le soleil en boîte (ITER) et terraformer la planète Mars. Fiers de leurs élucubrations, ils se soucient comme d’une guigne de l’état réel de la planète, n’ont jamais lu le rapport de 1972 sur les limites de la croissance, n’ont jamais entendu parlé de l’empreinte écologique, ne savent pas que nous avons déjà dépassé depuis des années les possibilités de la Terre, ignorent la 6ème extinction des espèces, etc. Bref les Croissancistes ne connaissent rien à rien et se contentent dans les médias de vomir sur le concept de décroissance. Exemples (citations extraites du numéro juillet-août 2020 de La Décroissance) :

– Ceux qui rêvent d’un monde en décroissance sont des ignorants qui n’ont jamais eu faim. Les décroissants veulent moins d’enfants, une planète vide et réservée à quelques happy few. Il faut lutter jusqu’au bout plutôt que d’accepter de vivre sous le joug des décroissants verts, bruns ou rouges. (sur le site de Jean-Philippe Delzol, 25 mai 2020)

– L’absurdité de la décroissance est une leçon à retirer de la galère où l’on se trouve (suite au coronavirus). Voilà ce que ça donne, la décroissance. c’est très concret la décroissance, c’est la misère. (Raphaël Enthoven, France 5, 30 mai 2020) (suite…)

UN SI JOLI PRINTEMPS !

29 juin 2020,

par Pascal Bourgois

Attends toi à l’inattendu [Edgar Morin]

Que nous arrive t-il ?

Le battement d’aile d’une chauve souris en Chine a déclenché un effondrement économique et financier qui balaye le village mondial. Les pays et les activités économiques les plus touchées ont été des pays fers de lance du productivisme néo-libéral (Chine, États-Unis, Espagne, Italie, Grande Bretagne, France, Belgique…) et des activités liés à l’hyper mobilité : automobiles, aéronautique, tourisme, culture; loisirs de masse, hôtellerie…

Aucune leçon n’avait été tirée de 2008. Les bulles financières gonflaient. Chacun savait qu’une nouvelle crise économique mondiale allait éclater. Les inconnues étaient : à quelle date, avec quel déclencheur et de quelle ampleur ? Aujourd’hui nous savons : décembre 2019, la covid 19, et colossale.

Ce coronavirus a été le déclencheur d’une « crise » attendue, mais il en a aussi été l’amplificateur et un révélateur. L’amplificateur, en faisant converger crise sanitaire et crise économique, ce qui a provoqué une baisse simultanée de l’offre et de la demande et a mis au chômage la moitié des travailleurs de la planète. Cette convergence imprévisible et démultiplicatrice en terme de conséquences n’est pas sans rappeler celle entre le tremblement de terre et le tsunami qui ont provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima. Attends toi à l’inattendu. Ce coronavirus a aussi été le révélateur de la fragilité de notre modèle économique et sanitaire, ainsi que la lourdeur de notre modèle politique pyramidal.

Depuis 60 ans et les écrits de Charbonneau, Ellul, Illich, puis le rapport du Club de Rome, jusqu’aux travaux les plus récents, les études scientifiques sont autant d’alertes sur l’impasse de notre modèle économique. Les lois de la physique démontrent l’impossibilité d’une croissance infinie dans un monde fini. (suite…)

Convention citoyenne pour le climat

22 juin 2020,

Sous le titre “Les citoyens de la Convention climat mettent Macron au pied du mur“, le 22 juin 2020 sur le site de Reporterre, un article qui nous semble bien résumer la situation  par Gaspard d’Allens et Tommy . 

Les 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat ont voté ce week-end leurs propositions, qu’ils ont remises à l’exécutif. Le chef de l’État s’est engagé à leur donner une réponse lundi 29 juin mais les incertitudes restent grandes quant aux débouchés politiques de ces mesures.

« La France vous attend. » Avec emphase, Laurence Tubiana a ouvert, vendredi 19 juin, la dernière session de la Convention citoyenne pour le climat. Après neuf mois de travail, les 150 membres ont voté tout au long du week-end leurs propositions. Plusieurs sont audacieuses. Au-delà de l’objectif initial de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les citoyens et citoyennes ont tenu à dessiner « un nouveau modèle de société », un horizon plus sobre et plus écologique pour la France.

la suite ici : https://reporterre.net/Les-citoyens-de-la-Convention-Climat-choisissent-des-mesures-transformatrices

Pour les lectrices et lecteurs de préférence anglophone (si, si, il y en a), un autre article résume très bien ce qu’est cette Conférence : https://www.resilience.org/stories/2020-01-17/convention-citoyenne-pour-le-climat-what-can-we-learn-from-the-french-citizens-assembly-on-climate-change/. La Rédaction

L’affaire du siècle (suite)

10 mai 2020,

Claire Burlin, avocate de l’Affaire du Siècle

Depuis huit semaines, la crise sanitaire et les mesures de distanciation sociale bouleversent nos quotidiens. Cette période difficile peut aussi être l’occasion de se pencher plus en profondeur sur certains sujets. Nous vous proposons donc une série de quatre interviews vidéo inédites avec les avocat-e-s et juristes de l’Affaire du Siècle. 

Avec votre soutien, il y maintenant plus d’un an, nous avons attaqué l’Etat en justice. Pourquoi ? Parce que la France ne respecte pas ses propres lois. Quelles sont ces lois et obligations que l’Etat bafoue ? 

C’est ce que nous explique Claire Burlin, une des avocates de l’Affaire du Siècle, dans cette première vidéo de notre série.  

De la Convention européenne des Droits de l’Homme, adoptée en 1950, à la Loi sur la transition énergétique et la croissance verte de 2015, en passant par les lois Grenelle de 2009 et 2010, nombre de textes fixent des objectifs à l’Etat pour lutter contre la crise climatique. 

Autant de textes qu’ont analysés en détail nos avocat-e-s et juristes, au regard des mesures réllement mises en œuvre par l’Etat. C’est tout ce travail qui nous a permis de monter le dossier de l’Affaire du Siècle devant le tribunal. 

Aujourd’hui, alors que l’Etat ne nous a toujours pas répondu, nous continuons notre travail de veille et d’analyse pour fournir de nouveaux arguments au juge. 

La semaine prochaine, Clémentine Baldon, une autre de nos avocates, vous en dira plus sur les manquements de l’Etat. Transports, logements, énergie… L’Etat est terriblement en retard sur ses engagements et nous dépassons chaque année le volume de gaz à effet de serre que nous devrions émettre. 

PS : Agissez avec nous pour la justice climatique : faites un don à l’Affaire du Siècle. Toutes les sommes que nous collectons nous servent à financer les actions de l’Affaire du Siècle : analyses et expertises, actions de mobilisation, etc. 

abeilles, agriculteurs, ICE

2 mai 2020,

Nous vous avons déjà encouragé·es à signer une Initiative Citoyenne Européenne, voir ici. C’est une pétition qui peut avoir du poids (tant que la Communauté Européenne existe). Il faut un million de signatures. Pour celle-ci, il y en a déjà plus de 300 000. Elle s’intitule Sauver les abeilles et les agriculteurs. Ne vous laissez pas décourager par le questionnaire inquisiteur, c’est une garantie de sérieux. Le Sauvage.

L’agriculture européenne est dans une impasse. Les politiques agricoles orientées vers la maximisation des rendements reposant sur les pesticides de synthèse ont conduit les écosystèmes au bord de l’effondrement. Jour après jour, la diversité biologique qui est à la base de nos systèmes de production alimentaire disparaît, menaçant gravement l’avenir de notre alimentation, de notre agriculture, de notre santé et de notre environnement.

Les conséquences pour la nature sont désastreuses: les abeilles, les papillons et d’autres insectes disparaissent de nos paysages et les oiseaux, autrefois très présents, ont cessé de chanter dans nos campagnes. Nos ruisseaux et rivières sont pollués et nous sommes exposés quotidiennement à un cocktail de pesticides de synthèse via notre alimentation.

De plus, la survie des agriculteurs eux-mêmes est menacée par l’agriculture industrielle. Au cours des 10 dernières années, une exploitation agricole a fermé ses portes toutes les 3 minutes! Suivant la devise “Grandis ou péris”, un nombre décroissant d’exploitations agricoles détient de plus en plus de terres, se focalisant sur les rendements et les ventes plutôt que sur la qualité. Inversement, l’agriculture familiale peine à survivre; avec sa disparition, les zones rurales perdent des emplois et leurs traditions.

Un autre modèle agricole est possible ! (suite…)

Train contre avion : la nécessaire réorganisation des transports

29 avril 2020,

Réseau Action Climat

par Jean-Marc Tagliaferri, Ingénieur INSA

1) L’État annonce 7 milliards d’euros pour « sauver » Air France – KLM

Comme tout plan gouvernemental, c’est avant tout un effet d’annonce car il va déjà falloir que le gouvernement trouve l’argent avant de le dépenser et pour l’instant à part une augmentation de l’endettement, aucune mesure n’a été annoncée pour augmenter les recettes publiques déjà affectées par la baisse d’activité.

On nous annonce 350 000 emplois à sauvegarder. Comme d’habitude on mélange les carottes et les lapins. Il y a 6 mois le secteur hurlait encore sur la pénurie “dramatique” de pilotes face à sa prétention de vouloir doubler le trafic aérien. Voilà donc un problème normalement définitivement réglé ?

Par ailleurs il y a une grande partie d’emplois administratifs et parmi les Personnels Navigants Commerciaux (PNC), qui peuvent être reconvertis dans des tas d’autres activités… si l’activité générale redémarre. Il est clair que faire le service à la place dans un avion et dans un TGV, ou de gérer des stocks de pièces détachées, ce n’est pas fondamentalement différent. Il y a des reconversions au sein d’une même structure qui réclament bien plus d’adaptation !

Se pose donc la question du devenir du secteur entier de l’aérien français ou européen: puisque nous sommes écolos et pour la décroissance de l’empreinte écologique, il est clair que ce secteur est très mal parti. 

2) La diminution du volume d’activité du transport aérien français

Nous pouvons agir à l’international en augmentant le trafic ferroviaire vers les hubs voisins afin de pouvoir diminuer nos vols internationaux et imposer en réciprocité la diminution des autres vols internationaux . (suite…)

COVID-19 et biodiversité

28 avril 2020,

Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques

Article d’expert invité de l’IPBES proposé par les professeurs Josef Settele, Sandra Díaz et Eduardo Brondizio (1) et le Dr Peter Daszak (2) le 27 avril 2020

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Les mesures de stimulation liées au COVID-19 doivent sauver des vies, protéger les moyens de subsistance et sauvegarder la nature pour réduire le risque de futures pandémies. Une seule espèce est responsable de la pandémie de COVID-19 : la nôtre. Comme pour les crises climatiques et de biodiversité, les récentes pandémies sont une conséquence directe de l’activité humaine, en particulier nos systèmes financiers et économiques mondiaux, basés sur un paradigme limité qui valorise la croissance économique à tout prix. Nous avons une fenêtre de courte durée pour surmonter les défis de la crise actuelle et éviter de semer les germes de futures autres.

Les maladies comme le COVID-19 sont causées par des micro-organismes qui infectent notre corps, plus de 70 % de ces maladies émergentes humaines provenant de la faune sauvage et des animaux domestiques. Les pandémies, cependant, sont causées par des activités qui mettent un nombre croissant de personnes en contact direct et souvent en conflit avec les animaux porteurs de ces agents pathogènes.

La déforestation effrénée, l’expansion incontrôlée de l’agriculture, l’agriculture intensive, l’exploitation minière et le développement des infrastructures, ainsi que l’exploitation des espèces sauvages ont créé les « conditions parfaites » pour la propagation des maladies de la faune aux humains. Cela se produit souvent dans les zones où vivent les communautés les plus vulnérables aux maladies infectieuses.

Nos actions ont eu un impact négatif sur plus des trois quarts de la surface terrestre, détruit plus de 85 % des zones humides et utilisent plus d’un tiers de la surface terrestre et près des trois quarts de nos réserves en eau douce pour l’agriculture et à l’élevage.

Si l’on ajoute à ceci le commerce non réglementé des animaux sauvages et la croissance explosive des voyages aériens mondiaux, on comprend comment un virus qui, autrefois circulait sans danger parmi une espèce de chauves-souris en Asie du Sud-Est, a pu infecter plus de deux millions de personnes, causant des souffrances humaines incalculables et menant à l’arrêt les économies et les sociétés du monde entier. Voici en bref le rôle de l’être humain dans l’émergence de cette pandémie.

(suite…)