Archives d’un auteur

Aventures en permaculture – 31, Que planter pour un jardin-forêt à Nice ?

9 août 2019,

par Ghislain Nicaise

Comme je le racontais dans le précédent épisode, ma principale préoccupation quand je feuilletais Permaculture One en 2008 était d’aller à la fin du livre pour savoir ce qu’il fallait planter. Je ressens moins cette urgence aujourd’hui mais je reste capable d’imaginer la question principale que se posent les débutant·es : que planter ? J’évite de présenter des diaporamas sur la permaculture en général pour laisser ce créneau à de jeunes personnes qui ont très bien compris la théorie et qui devraient pouvoir en vivre, mais j’ai au moins une particularité à faire partager, un retour d’expérience de dix années sur le choix des plantations, plein d’échecs enrichissants…

À l’Université de Nice-Côte d’Azur, la prise de conscience de la responsabilité de l’institution universitaire dans le futur de notre société s’est traduite par la création d’un poste d’ingénieur·e chargé·e de mission zéro déchet et économie circulaire. Par chance la personne qui occupe ce poste, Émilie, possède la formation de recherche fondamentale qui lui permet de communiquer avec la population universitaire, lui donne l’habitude de travailler sans compter son temps, et possède en plus de solides convictions écolos qui lui permettent d’affronter l’ampleur de la tâche. J’ai donc proposé de l’aider en présentant un diaporama sur ce qu’il serait intéressant de planter dans les jardins des campus de Nice, en particulier dans le parc Valrose. Dans une perspective permacole, ce devrait être des associations de plantes utiles, principalement comestibles, avec le plus possible de plantes pérennes pour économiser l’énergie humaine. Dans la perspective du respect des usages reçus d’un passé récent, ce devrait ressembler à un jardin public fleuri et policé comme on peut en voir ailleurs. (suite…)

Pierre Fournier, à la racine de l’écologisme

31 mai 2019,

Il vient de paraître un livre dont le titre « Fournier, face à l’avenir » n’est pas particulièrement accrocheur. Si j’en avais vu la couverture en librairie, je ne l’aurais peut-être même pas feuilleté. Je l’ai lu cependant (1) et j’en recommande vivement la lecture. 

Son autrice Diane Veyrat a fait un excellent travail d’historienne, elle n’était pas née à l’époque qu’elle décrit de manière précise, les quatre années (1969-1973) d’intrusion de Pierre Fournier dans l’univers médiatique post-soixante huitard. Son livre est fidèle aux souvenirs que j’en avais gardé et a enrichi ces souvenirs d’une vision pertinente. J’ai toujours l’espoir un peu vain que les lectrices et lecteurs de mes écrits, qui sont plus jeunes que moi, ont à apprendre un peu du passé pour comprendre le présent. Pendant quelques années avec bien d’autres j’attendais la parution d’Hara-Kiri Hebdo (Charlie Hebdo à partir de novembre 1970 –2) pour l’ouvrir directement à la chronique de Fournier. Le Sauvage, dont je m’honore d’utiliser le titre, est paru à partir de 1973 et son succès, l’éducation de son lectorat, doivent probablement beaucoup aux quatre années de l’étoile filante Fournier (mort cette année là à l’âge de 35 ans).

Quand en 1984 les principaux mouvements écologistes se sont réunis pour fonder les Verts, l’influence de Fournier était encore perceptible dans l’orientation « ni droite ni gauche » (suite…)

Alain

8 mai 2019,

Alain Hervé nous a quittés ce matin. Nous reproduisons en son hommage ce texte qu’il avait rédigé comme carte de voeux de l’année 2004, communion de toute une vie avec la mer.

Profitez d’être vivant pour regarder la mer.

Assis sur une falaise. Position idéale. Prenez votre temps. Améliorez votre idée de la planète. On regarde la mer distraitement. L’oeil et aussi bien l’esprit dérapent sur sa surface sans accident. Avec le ciel, elle joue le rôle du vide dans un paysage terrestre encombré. Davantage que le ciel elle occupe copieusement son espace, dont elle ne cède pas un pouce. Ceux qui croient lui avoir volé du terrain attendent toujours son retour, que ce soit en Hollande ou sur les littoraux à marée. Elle s’obstine en long, en large, ou en travers, à être. Matière cosmique, en vrac, mal spécifiée. Radicalement liquide et rien d’autre. La terre nous propose une multitude d’accidents : des villes, des estuaires, des ponts, des barrages, des autoroutes, des immeubles, des montagnes, des plantations de palmiers à huile…

La mer : rien, pour l’essentiel.

Sert à faire flotter des bateaux et pour le détail, pêcher, plonger…On ne va jamais en mer pour y rester. (suite…)

Les braves gens ne polluent pas ? (Lettre à Mathilde)

10 novembre 2018,

Chère Mathilde (1),

Je vous écris cette lettre ouverte parce que je crois que le mouvement de résistance du 17 novembre 2018 contre l’augmentation des carburants à la pompe est de fait une mise à l’épreuve des convictions écologiques défendues par le mouvement La France insoumise (LFI). Force est de constater un dérapage retentissant. Tout ce passe comme si les leaders de LFI, dont vous faites partie, n’étaient pas capables de résister aux sirènes d’un mouvement populiste de circonstance. On ne peut dissoudre le peuple certes mais il n’a pas toujours raison et votre (notre) responsabilité est parfois de lui dire ce que nous croyons être la vérité. Si vous faites déjà une entorse à la règle comment croire que vous appliquerez votre « règle verte » si vous parvenez au pouvoir ? (suite…)

Le REV des citadins

9 février 2018,

Par Ghislain Nicaise

Je vous invite à lire le manifeste du REV : un nouveau parti écologiste, au service du vivant. La version longue datée du 8 février 2018 est accessible sur ce site : http://rev-parti.fr/le-rev-un-nouveau-parti-ecologiste-au-service-du-vivant/.
Une version plus courte est parue dans le Monde du 9 février.

La formule « au service du vivant » m’a plu, un peu d’écologisme profond me paraissant salutaire face à l’inconscience de nos dirigeants. Le texte ne surprendra pas les partisans sincères d’une gouvernance écologiste, on pourrait en retrouver des passages sans peine dans l’abondante littérature qui a été produite depuis la campagne présidentielle de René Dumont en 1974, pour ne pas remonter plus avant. Il comporte cependant un passage auquel je ne peux adhérer.

Le principal défaut de ce manifeste est qu’il ignore l’écologie des écologues. (suite…)