Archives d’un auteur

La faim du monde

25 janvier 2012, Ghislain Nicaise

Comme je l’avais mentionné brièvement dans un texte précédent, Hugues Stoeckel vient de publier un livre dont le titre alternatif était initialement « Le siècle des famines ». Catastrophisme (comme le suggère la couverture noire) ou lucidité ?

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Société nucléaire, société policière

1 avril 2011, Ghislain Nicaise

Dans un précédent article sur le site du Sauvage (Après Fukushima : l’arnaque de la quatrième génération) j’évoquais cette activité de mes années 70 qui consistait à parcourir la vallée du Rhône pour débattre en public de la construction de centrales nucléaires. En général le débat était un duo, plus exactement un duel contre un orateur spécialisé d’EDF. EDF envoyait toujours les mêmes intervenants et des règles tacites se sont dégagées progressivement comme l’absence d’agression verbale contre l’autre orateur. Le fond du débat a aussi évolué au cours du temps. Pour éviter les assauts technniques sur les radioisotopes, leur biolocalisation et leur période, qui laissaient l’auditoire perplexe, nous avons petit à petit déplacé notre argumentation vers les arguments de société, en bref : société nucléaire = société policière.

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Après Fukushima : l’arnaque de la quatrième génération

22 mars 2011, Ghislain Nicaise

Dans les années 70 j’ai consacré une partie non négligeable de mes loisirs à participer à des débats publics sur l’énergie nucléaire. Nous étions un petit nombre d’enseignants de l’Université de Lyon qui avions été séduits par les thèses écologistes, à la suite de Philippe Lebreton, jeune et brillant professeur qui avait compris la dimension politique de l’écologie à travers son combat pour la défense du parc de la Vanoise. Nous nous trouvions confrontés à la construction de plusieurs centrales nucléaires dans notre région, pour la simple raison que le Rhône fournit un débit important d’eau de refroidissement et bien que ce soit une zone d’activité sismique (carte ci-après). Il y avait sur le campus de l’Université Claude Bernard un Institut de Physique Nucléaire dans lequel la plupart des enseignants et chercheurs étaient en faveur du nucléaire civil. (Lire la suite…)

Les seins, les hanches et les pesticides

16 février 2011, Ghislain Nicaise

Il y a déjà quelques années, lors d’un séjour dans le laboratoire de biologie marine de Woods Hole (Massachusetts) j’ai pu assister à une conférence qui n’a laissé personne indifférent dans l’amphithéatre. La conférencière, chercheuse faisant autorité dans la biologie du développement précoce des embryons, expliquait comment elle et son équipe avaient mis de côté des recherches fondamentales sur le cycle cellulaire pour se consacrer à l’étude d’une famille de polluants. Pour ses études, elle utilisait des oeufs de clams. A partir du moment où elle transvasait ces oeufs dans des éprouvettes jetables en plastique, le développement était perturbé. Au départ, elle avait tout soupçonné sauf l’éprouvette elle-même, couramment utilisée dans les laboratoires de biologie. Le plastique libérait des quantités infimes d’une molécule pouvant agir sur les récepteurs des cellules embryonnaires. (Lire la suite…)

Effondrement

26 janvier 2011, Ghislain Nicaise

La première prise de conscience qu’un effondrement de notre civilisation pourrait avoir lieu, de mon vivant ou du vivant de mes enfants, m’est venue en 2008 à la suite d’une conférence d’Yves Cochet à Sciences Po Paris. Il y montrait la courbe ci-dessous, tirée du site de Paul Chefurka (1), dont j’ai découvert l’existence à cette occasion.

Chefurka, un écologiste canadien anglophone, explique que la population dépend étroitement de l’énergie consommée, l’essentiel de cette énergie vient de sources fossiles, le pic de ces énergies non renouvelables est au plus tard en 2020, donc le déclin des ressources énergétiques va entrainer l’effondrement de la population. Alors que l’Organisation des Nations Unies prévoit une stabilisation de la population mondiale autour de 9 milliards vers 2050, Chefurka pense que nous ne dépasserons pas 7,5 milliards et qu’ensuite il n’y aura pas stabilisation mais déclin rapide. La population mondiale tomberait à moins de 2 milliards vers la fin du siècle, et même deux fois moins si l’on prend en compte d’autres facteurs que l’énergie fossile comme le changement climatique, la perte de fertilité des sols, le manque d’eau douce, la pollution…

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