Archives d’un auteur

Aventures en permaculture – 32, Asiminiers

11 octobre 2020,

Fig. 1. Cépée d’asiminier de 7 ans

par Ghislain Nicaise

L’asiminier, Asimina triloba, est originaire d’Amérique du Nord, il a reçu le nom de pawpaw des populations amérindiennes. J’ai acheté mon premier asiminier en octobre 2012 chez Noaro, cette merveilleuse pépinière italienne située à l’entrée de Dolceacqua, à 20 minutes en voiture de Vintimille. C’était un cultivar Sunflower, réputé autofertile. L’hiver qui a suivi était très froid, pas en dessous des températures que cette variété peut tolérer cependant (-25° selon plusieurs sources) mais le plant n’avait pas eu le temps de s’installer, toutes les parties aériennes sont mortes. Il faut dire aussi que notre climat local est difficile pour beaucoup de végétaux, avec des écarts journaliers moyens de 20°C. Par la suite les racines toujours vivantes du porte-greffe ont rejeté une vigoureuse cépée, qui a pris la forme conique typique de l’espèce (Fig. 1) mais n’a commencé à fleurir qu’en 2018. Je lui avais prévu une ombrière en canisses, ayant appris que c’était un arbre de sous-bois et j’avais roulé à proximité de gros (suite…)

Pendant la Covid-19 (4 : la contagion)

10 septembre 2020,

Schéma du virus montrant l’ARN au centre, et l’enveloppe lipidique avec ses protéines

Il est temps de creuser cette notion de contagion, qui était en arrière plan lors de mon premier billet « c’est sérieux » et lors du second sur les masques. Vous sentez bien que c’est important.
J’avais exposé les chiffres de surmortalité totale (pour l’année 2020 comparée aux années précédentes) parce qu’ils sont moins sujet à controverse mais on peut quand même estimer le taux de mortalité des personnes qui ont été contaminées. Pour la scientifique en chef de l’OMS, la pédiatre Soumya Swaminathan, la plupart des études estiment ce taux à environ 0,6%, pour Axel Kahn la fourchette va de 0,2 à 1,5 %, à Marseille selon Didier Raoult c’est 0,7 %. Le risque à première vue n’est pas impressionnant. Une amie qui trouve qu’on ne devrait pas prendre de mesure autoritaire avec la Covid-19 m’a envoyé une récapitulation de la mortalité annuelle mondiale par malaria (plus de 300 000), accidents de la route (plus d’un million) cancer (plus de 3 millions) etc…pour souligner que la Covid avait fait bien peu de morts. Mais l’épidémie n’est pas finie à l’échelle de la planète. Si toute la population mondiale était concernée par la contagion avec la même mortalité qu’à Marseille, le nombre de morts serait de 7500 M x 7 /1000 soit quand même plus de 50 millions (*). (suite…)

Pendant la Covid-19 (2 : Masques, pipi et pantalons)

28 août 2020,

Vous vous souvenez probablement que les ministres de la Santé publique Agnès Buzyn puis Olivier Véran nous avaient dit que le port du masque était inutile sauf pour les soignants. C’était l’époque où il n’y avait pas assez de masques. Il n’y en avait même pas assez pour la médecine privée. Le gouvernement a ensuite fait volte-face et ceci (sans surprise) à partir du moment où les stocks ont été reconstitués. Du port obligatoire dans les transports et les lieux clos, nous sommes passés dans certaines villes au port obligatoire dans la rue. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la restriction de liberté, l’inefficacité de la mesure, l’inutilité des masques et comme je me demande ce que je dois faire avec mes masques, je vous livre la conclusion (qui n’engage que moi !) de mes lectures.

Le masque qui vous protège mais ne protège pas les autres
Quand les médias ont commencé à évoquer l’utilité de porter des masques, j’ai fouillé dans mes tiroirs à outils et trouvé 2 masques marqués FFP2. (suite…)

Pendant la Covid-19 (1 : C’est sérieux docteur ?)

20 août 2020,

Fig. 1. Les excès de mortalité selon les départements du 1er mars au 3 juillet 2020, données de l’INSEE (Le Monde)

Au début de ma vie d’adulte j’ai acquis le titre de docteur. Docteur ès Sciences, pas médecin, c’est pourquoi depuis le début de l’épidémie je me suis peu exprimé sur le sujet, simplement fin mars pour dire à quel point l’approche scientifique pouvait différer de l’approche médicale (à propos de l’utilisation de la chloroquine). Il y a des docteurs en médecine qui sont aussi des scientifiques, c’est pourquoi le Sauvage a publié le billet d’un des plus éminents d’entre eux le 9 avril. Depuis il y a eu la fin du confinement obligatoire et, avec l’annonce d’un possible retour, l’obligation du masque de plus en plus généralisée. Des amis, la publication de plusieurs pétitions en cours et ma propre curiosité stimulée par mon statut de malade potentiel à haut risque m’ont amené à faire le point. Aujourd’hui je vous parlerai de ce que j’ai compris sur la dangerosité de l’épidémie.

Pourquoi tant d’émoi, l’économie en souffrance (manques à gagner, licenciements, chômage), les privations de liberté, est-ce justifié par la gravité de la situation ? Plusieurs journalistes ou essayistes écrivent qu’il n’y aurait pas de différence avec la grippe annuelle. Ce n’est pourtant pas le cas.

Première différence : le coronavirus tue plus que la grippe saisonnière. (suite…)

Pour la fin du modèle agro-industriel

7 mai 2020,

Lettre au Président: pour la fin du modèle agro-industriel

Alors que l’épidémie de covid-19 nous invite а mettre l’accent sur les enjeux de santé, un collectif de paysans et élus alertent sur les risques а poursuivre le modèle agro-industriel, destructeur de la biodiversité par sa course а la compétitivité: «il est urgent d’impulser une transition qui prépare le pays а mieux réagir aux crises а venir, y compris climatiques».

Monsieur le Président,

Il y a quelques jours, des représentants de l’agroalimentaire bretons vous ont adressé une lettre invoquant le « rôle clé » qu’ils jouent dans la crise actuelle et appelant а des mesures permettant de lever des « contraintes environnementales » qui aujourd’hui « pèseraient » sur la compétitivité de l’agriculture française. Ils demandent également а ce que celle-ci soit protégée contre les « attaques qu’elle subit ». L’argument central repose sur une défense de la souveraineté alimentaire et sur l’accroissement de la résilience.

Nous avons été extrêmement choqués de voir ces deux arguments mis en avant pour défendre éhontément un modèle qui leur est en réalité totalement contradictoire.

Par la présente lettre, nous voulons vous alerter, ainsi que l’opinion publique, sur les risques а poursuivre le modèle agro-industriel, dont l’agriculture conventionnelle bretonne exportatrice et ultra-spécialisée est un exemple qui a largement montré ses limites. (suite…)