Love letters

24 septembre 2012,

Par Michèle Valmont

Ils sont tous deux assis devant un bureau d’écolier et lisent sans jamais se regarder –directive de l’auteur- les lettres qu’ils ont échangées depuis l’âge de 8 ans.

Eux, ce sont Isa Mercure et Gilles Guillot, interprètes de la pièce « Love letters » de l’Américain A.R.Gurney, qu’ils ont également mise en scène.

Au fil de cette correspondance se reconstituent subtilement la vie et le caractère des  deux protagonistes. Elle, Alexa, fantasque et rebelle, enfant gâtée dans un milieu social favorisé, lui, Thomas, plus modeste, simple et solide. L’amitié d’enfance qui les lie va se nourrir des épisodes de leurs vies respectives, avec une riche palette de sentiments ; engueulades, félicitations, jalousies, condoléances… Ainsi découvre–t-on que l’amitié se transforme peu à peu en un grand amour longtemps inavoué dont le dénouement révélera toute la profondeur.
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Chronique estivale

24 septembre 2012,

par Florence Faucompré

Depuis les quinze années de camping sauvage ou sage, ambulatoire, passées avec mes parents dans toute la France, l’eau a coulé sous les ponts ….

D’ailleurs à présent on ne dit plus camping mais  : « résidence hôtelière de plein air » avec les tarifs correspondants aux hôtels. On laisse une dizaine d’emplacements gazonnés, avec ou sans électricité, pour les
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Cher menteur

22 septembre 2012,

par Michèle Valmont

Reprise au théâtre La Bruyère de la pièce « Cher menteur », adaptation de Jérome Kilty de la correspondance de la comédienne Stella Campbell et de Bernard Shaw qui se poursuivit tout au cours de leur existence. On remarque d’emblée le raffinement du décor. L’élégance de la mise en scène de Régis Santon met en valeur le jeu des deux comédiens, Francine Bergé et Marcel Maréchal, qui s’emparent avec délectation du texte plein d’humour et de causticité traduit et savamment retravaillé par Jean Cocteau.

Il ressort de cette confrontation de deux egos surdimensionnés une estime mutuelle et une inclination amoureuse jamais aboutie. Les caprices de la comédienne  se heurtent au cynisme de l’écrivain. Quelques beaux moments d’émotion –la mort de la mère de Bernard Shaw, celle du fils de Stella – ponctuent ce feu d’artifice qui culmine lors de la répétition de « Pygmalion » dont Stella créa le rôle d’Elisa à quarante ans passés !

Francine Bergé est aussi crédible en jeune actrice adulée qu’en diva vieillissante. Coquette et exigeante puis amère et esseulée, elle est toujours juste et émouvante.
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Canaletto, Guardi, Venise

21 septembre 2012,

par Alain Hervé

On ne va pas voir ces deux peintres minutieux, appliqués*, qui nous envoient de grandes cartes postées depuis le XVIIIème siècle. Certes nous les recevons avec grand plaisir. En fait nous allons revoir Venise. La voir encore à travers les âges et les saisons. Cette cité nautique, fragile sur ses îles, au péril des marées et des touristes est un des rares accomplissements irréprochables de l’espèce humaine. Cet urbanisme utérin nous laisse stupéfaits dans sa perfection anarchique.
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Civilisation corrida

21 septembre 2012,

Ne pas laisser passer sans la saluer la décision du Conseil constitutionnel concernant la corrida.
Le spectacle du massacre à petit feu d’un animal sous le regard d’un public enthousiaste n’est pas anticonstitutionnel.

Illustration de l’association espagnole Anima naturalis

Le Sauvage

Julie des Batignolles

21 septembre 2012,

par Michèle Valmont

Cinéma sur scène au théâtre La Bruyère où Eric Métayer, après la brillante réussite des « 39 marches » qui plongeait le spectateur dans un univers déjanté inspiré des films d’Hitchcock, s’attaque aujourd’hui aux polars comiques français en montant la pièce de Pascal Laurent « Julie des Batignolles ».

D’emblée les ingrédients sont réunis : dans une cabane au fond des bois s’affrontent voyous pieds-nickelés, mère maquerelle, flic ripou, otage exaspérante. D’enlèvement foireux en casse manqué, l’argot fuse ; les répliques fleuries évoquent irrésistiblement Audiard, Boudard, Simonin. Dans la mise en scène délirante, faite de flash-back rapides, la scène se transforme en un instant en placette parisienne, désert nocturne, ou encore sous-sol rempli de tuyauteries par la simple utilisation de quelques éléments du décor ingénieux de Stéphanie Jarre.

L’imagination scénique d’Eric Métayer est prodigieuse. La plateau est en perpétuel mouvement. Les acteurs, menés par le chef de bande Philippe Lelièvre, épatant, s’en donnent à cœur joie : Viviane Marcenaro, parfaite ancienne
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Cindy Sherman

19 septembre 2012,

Si vous n’avez rien à faire, rendez vous à la galerie Gagosian 4 rue de Ponthieu à Paris. Citadelle immaculée de l’art ce qu’il y a de plus moderne. Le visionnaire Larry Gagosian ne se trompe que rarement de cible. Il expose en ce moment Cindy Sherman jusqu’au 10 octobre. Cette américaine de cinquante huit ans est son propre et son seul modèle. Elle ne se rate pas. Implacable avec son visage qui porte toute sa vie dans ses traits.

Photo et peinture mélangés pour traduire, en très, très  grand format, la stupéfaction d’être. Rarement l’intensité de
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A voté…

19 septembre 2012,

par Alain Hervé

Cette formule sacramentelle qui accompagne la chute du bulletin de vote dans l’urne donne une substance éphémère au phénomène dit démocratique.

L’auteur du choix exprimé se retire la poitrine gonflée de la sensation vertigineuse d’avoir participé à l’intronisation d’un nouveau chef de tribu. Un mécanisme obscurément mathématique  permet de proclamer en deux temps et trois mouvements  le nom d’un chef de l’Etat. Opération digne des plus éblouissants
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Démocratie en huis clos

19 septembre 2012,

par Michèle Valmont

L’idée est simple : comment raconter au jour le jour la relation entre deux hommes qui s’estiment et se méprisent, se confient et se trahissent, s’affrontent et s’aident, se soupçonnent et s’aiment et ainsi de suite. C’est la vie. Interprétée par dix hommes sur scène, sans une femme.

L’Anglais Michel Frayn a illustré cette fable par une intrigue politique qui fut vécue entre Willy Brandt le
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