Que cette illustration de Daniel Maja vous apporte les vœux du Sauvage pour une meilleure humanité sur une meilleure planète en 2026

Que cette illustration de Daniel Maja vous apporte les vœux du Sauvage pour une meilleure humanité sur une meilleure planète en 2026

Tout le monde sait que les serveurs informatiques qui carburent dans nos data-center sont de vrai gouffres énérgétiques, pour les alimenter, d’énormes consommateurs d’eau, pour les rafraichir, d’énormes consommateurs de ressources rares et polluantes, pour les construire, en plus de créer des ilots de chaleur autour de leur locaux. Partout dans le monde, ces serveurs sont actifs 24/365 et sont responsables d’une partie croissante des gaz à effet de serre et du réchauffement. Regardons comment réduire notre empreinte numérique, en sollicitant ces serveurs au minimum.
Il faudra bien avoir le courage de mettre la décroissance au cœur du débat. Pas seulement au sein des milieux écologistes, mais dans l’ensemble de la société.
Pourquoi la décroissance ? N’y a t’il pas d’autres thèmes plus porteurs pour l’écologie ? le climat, par exemple ? l’agriculture ? l’énergie ? le désamour du grand public pour l’écologie politique ? quelles sont les grandes tendances du moment qui pourraient faire oublier la focalisation mondiale sur l’immigration ?
Faisons le tour du monde des médias, observons les éditoriaux, les analyses et les commentaires sur l’époque: géopolitique, économie, énergie, ressources, finance, dette, démocratie, éducation, biodiversité, agriculture, eau, migrations, climat… On y note une constante: l’inquiétude est de mise sur tous ces sujets. Quasiment dans tous les pays. Personne ne voit plus d’avenir radieux à l’horizon, sauf, peut-être, les transhumanistes, les marchands d’armes ou d’IA, et autres gourous de la Tech.
Étudions maintenant les analyses prospectives: celles des scientifiques, celles des militaires, des industriels, des grandes institutions internationales, celles des grandes ONG. A quelques exceptions près, le futur est modélisé avec des évolutions négatives, notamment dans le domaine économique. L’endettement mondial explose. Aucun de ces rapports ne finit sur un optimisme serein.
Heureux propriétaire depuis 20 ans d’une grange isolée dans les Alpes à 1800m d’altitude, j’ai constaté ces dernières années que les hameaux et habitats isolés du coin, abandonnés depuis les années 1950 ou 1960, sont récemment achetés par des familles fortunées.
La plupart de ces nouveaux propriétaires semblent tout à fait respecter l’environnement montagnard. Ils restaurent correctement les bâtiments dans les styles montagnards traditionnels, souvent à grands frais, car les travaux en montagne sont très coûteux, aussi bien par les prestations que par les matériaux. C’est un vrai plaisir de revoir des bardeaux de mélèze sur les toits à la place des tôles ondulées, de voir des restanques restaurées en pierre sèche, de nouveaux arbres plantés, des chemins entretenus. Il y a toujours, bien sûr, l’inévitable beauf qui se met à bétonner son bâtiment tri-centenaire pour abriter son affreux SUV dernier cri et son détestable quad, sans parler de ceux qui voudraient construire des piscines, mais cela est encore rare sur les terrains d’altitude.
Par Charles Ribaut
Les récentes manifestations alertant sur la menace du changement climatique ont permis de tester la créativité et l’humour des jeunes générations. De nombreux sites présentent leur sélection de photos de pancartes ou simplement de slogans : j’ai cédé à la tentation de présenter ma propre sélection.
Dans le genre sérieux, et même profond, on peut retenir :
– On ne se bat pas pour la Nature, nous sommes la Nature qui se défend.
Plus classique mais qui a fait ses preuves
– Je suis tellement inquiète que j’ai fait une pancarte
La force anglo-saxonne de l’understatement
– Je m’intéresse bcp à l’avenir car c’est là que je compte passer le reste de mes jours
L’enfant de parents inquiets, attendrissant (suite…)

(d.r.)
par Alain Hervé
Plus que les grands philosophes, plus que mon éducation familiale, plus que mes études, plus que les hasards professionnels … je crois que les aventures de Tintin ont eu une influence déterminante sur ma vie. J’ai un Tintin caché dans ce qu’essentiellement je suis et dans ce que j’ai entrepris. Il ne m’apparait qu’épisodiquement lors de la relecture accidentelle d’un de ses albums par dessus l’épaule d’un de mes neveux. Auxquels je dois admettre que je les offre comme pour recommencer mon enfance.
Tintin est mon contemporain à quelques années près. J’ai porté des pantalons de golf, prêt à monter sur le premier cargo au bout du quai, ami complice des chiens, épaté par les récits invraisemblables des capitaines Haddock de ma famille. Il y en a eu, même sans whisky…
La vie m’est apparue comme un récit prodigieux à inventer. Je suis devenu journaliste, redécouvreur de ma planète et des olibrius qui la peuplent. Je n’ai jamais pu prendre au sérieux les utopies qui s’y développent et ceux qui les chantent. De quelque couleur qu’elles soient. J’attends toujours de tourner la page et de découvrir la suite.
Tintin ne nous a pas raconté comment il était mort. Je ne le ferai pas non plus. Il a atteint quatre vingt dix ans. J’y serai bientôt.
par Marjorie Jouen

Carpaccio
En ce samedi au ciel plombé légèrement humide, la place où se tient habituellement le marché est vide : la Mairie de Paris les a tous annulés. Sur les portes des magasins barricadés ou sur les rideaux métalliques baissés, de petites affichettes annoncent la fermeture exceptionnelle « par précaution » ou « en raison des manifestations ». Depuis des lustres, on n’avait pas vu si peu d’automobiles circuler, surtout dans les quartiers de Paris-villages, peu connus des habitants des « périphéries intérieures » de la France où l’on est accro au diesel volens nolens. De temps en temps, au loin, on voit passer un gilet jaune : manifestant égaré ou cycliste soucieux de sa sécurité ?
La journée se passe cahin-caha en slalomant entre les lignes de métro qui ne marquent pas l’arrêt dans les stations de la zone rouge et en renonçant à prendre le bus car la plupart ont vu leur tracé amputé. Alors on marche … et l’on se dit que si faute d’achats de Noël, le PIB n’enregistrera pas de hausse spectaculaire ce jour, on aura aussi fait pas mal d’économies d’énergie avec tous ces magasins à l’arrêt.
Et puis, on apprend le lendemain qu’il y a quand même eu des violences. Les casseurs ont à nouveau détruit des magasins à proximité des Grands Boulevards ; ils ont dévalisé un magasin de lunettes et pillé tous les stocks d’un bottier de luxe mais, après avoir fracassé la vitrine d’une librairie, ils n’ont rien touché à l’intérieur. Par respect ? Vous voulez rire !