La honte : 70 millions d’€ pour l’huile de palme

15 novembre 2019,

Plantation de palmiers à huile, cliché Greenpeace

Les députés ont, au détour d’un amendement adopté sans débat, pris la responsabilité de soutenir et amplifier la destruction des forêts primaires !

Ces députés, une nouvelle fois, ont apporté la preuve de leur duplicité politique : d’un côté une majorité présidentielle qui n’a jamais de mots assez forts pour dénoncer l’incurie de Bolsonaro, président brésilien responsable de la déforestation de la forêt amazonienne ; de l’autre une poignée de députés-lobbyistes accordant près de 70 millions d’euros d’aides fiscales à Total pour détruire le climat et accroître la déforestation !

Les trois quarts de l’huile de palme utilisée en France sont incorporés dans les carburants !

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N.B. La liste des députés publiée ce jour  par Agir pour l’Environnement concernait un autre vote, le vote destructeur de forêt en faveur de l’huile de palme a eu lieu à main levée et nous n’avons pas le pointage nominal des parlementaires.

11 258 scientifiques remettent ça

8 novembre 2019,

La recherche arrive à la conclusion que nous sommes en train de détruire la terre.
L’envoyé du gouvernement : Auriez-vous l’obligeance de reformuler cela en des termes équivoques, imprécis, vagues, tournant autour du pot, que nous puissions tous comprendre ?

Le 5 novembre est paru dans Bioscience un nouvel appel sous le titre World Scientists’ Warning of a Climate Emergency, par William J. Ripple, Christopher Wolf, Thomas M. Newsome, Phoebe Barnard, William R. Moomaw, & 11 258 signatures de scientifiques de 153 pays

Il commence ainsi : Les scientifiques ont l’obligation morale d’avertir clairement l’humanité de toute menace catastrophique et de le formuler sans détour. Sur la base de cette obligation et des indicateurs graphiques présentés ci-dessous, nous déclarons, avec plus de 11 000 scientifiques signataires du monde entier, clairement et sans équivoque que la planète Terre est confrontée à une urgence climatique. 

Il y a exactement 40 ans, les scientifiques de 50 nations se sont réunis à la première conférence mondiale sur le climat (Genève 1979) et ont convenu que des tendances alarmantes de changement climatique rendaient l’action nécessaire. Depuis, des alertes similaires ont été lancées au sommet de Rio (1992), au protocole de Kyoto (1997), à l’accord de Paris (2015), ainsi qu’à nombre d’autres réunion mondiales, avec des avertissements explicites de l’insuffisance des mesures prises. Cependant les émissions de gaz à effet de serre sont toujours en augmentation constante, avec des effets toujours plus dommageables sur le climat de la Terre. Une augmentation immense d’échelle dans les entreprises visant à préserver notre biosphère est requise pour éviter une souffrance inouïe due à la crise climatique (GIEC 2018). 

Les auteurs présentent une série de courbes décrivant l’évolution d’indicateurs multiples de 1979 à ce jour. Une seule courbe suffit à résumer l’aveuglement des centres de décision : les subventions publiques aux combustibles fossiles, en augmentation, s’élèvent encore à 400 milliards de dollars…

Daphné Roulier questionne Nicolas Hulot

3 novembre 2019,

© Alexandre Guirkinger

Nous avons lu avec intérêt LE GRAND ENTRETIEN entre Daphné Roulier et Nicolas Hulot

Nicolas Hulot : “Après ce que j’ai vécu, il faudra envoyer du lourd pour me faire vaciller”

par Daphné Roulier.  28 octobre 2019

Depuis sa démission du gouvernement, il est en quasi-diète médiatique. Mais pour GQ, l’ancien ministre de l’Écologie d’Emmanuel Macron a accepté de revenir sur les raisons de son départ. Touché mais pas coulé, et alors que l’urgence climatique ne cesse de s’affirmer, Nicolas Hulot rêve toujours d’un élan qui dépasserait les frontières partisanes et idéologiques. Mais sans envisager un retour en politique. Pour l’instant.

D.R. Etes-vous plus optimiste aujourd’hui que lors de votre démission en août 2018 ?

Ni plus ni moins, je me suis programmé pour ne pas perdre espoir, même si parfois, ça relève de l’acte de bravoure ! Nous sommes dans un moment très particulier de l’histoire de nos sociétés, on avance sur un seuil de crête étroit et le temps nous est compté. Par définition, on peut basculer du bon ou du mauvais côté. Récemment, je suis tombé sur Combien de catastrophes avant d’agir, un livre co-écrit il y a près de 20 ans avec le conseil scientifique de ma fondation : rien n’a changé, du moins dans le bon sens. La seule chose qui m’effraie, c’est le déni de réalité car la réalité n’a pas plusieurs versions, elle nous est livrée par la science et globalement tout le monde s’accorde aujourd’hui sur le diagnostic. Alors, il y a bien sûr ceux dont le quotidien empêche d’entendre ce que la science nous dit.

D.R. La société civile n’a toujours pas pris la mesure des enjeux d’après vous ?

C’est difficile de demander à ceux qui sont en proie à des difficultés très concrètes d’être parfaitement lucides face à des enjeux de moyen terme. Je ne leur jette pas la pierre. Mais la lucidité doit être le devoir absolu de celles et ceux qui ont de l’influence, du pouvoir ou des responsabilités.

la suite sur le site de GQ ici.

Agribashing

2 novembre 2019,

Nous avons lu cette tribune de François Veillerette sur le site de Reporterre

« Agribashing ». C’est le terme à la mode depuis plusieurs mois dans le monde agricole français. Cet anglicisme, qu’on pourrait traduire par « dénigrement » ou « lynchage médiatique » dont serait victime l’agriculture, est sur les lèvres de tous les représentants de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA, majoritaire), sa présidente, Christiane Lambert, en tête.

Générations futures publie une carte de vente des pesticides en France fondée sur des chiffres officiels ? Agribashing ! Les émissions Envoyé spécial ou Cash Investigation diffusent des programmes montrant les conséquences des pesticides ou sur le glyphosate ? Agribashing encore !
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Hommage à Alain-5

24 octobre 2019,

Hommage à Alain Hervé par Edwin Matthews

Il y a 50 ans, un matin de Septembre, assis à mon bureau à Paris, je reçois un coup de téléphone d’un Albatros hurleur qui revient d’un long voyage à la voile au paradis des Marquises. En fait, un journaliste.  Il s’appelait Alain Hervé. Et c’était le début d’une amitié pour la vie. Alain et moi avons parlé longuement, en particulier d’une association nouvellement créée, les Amis de la Terre, dont j’avais déposé les statuts deux mois plus tôt.  Par la suite, Alain a accepté de prendre la direction du nouveau-né et a animé avec dévouement et énergie tout le mouvement pour l’écologie en France.

Alain est rentré de son long voyage en mer profondément troublé par la direction prise par la société industrielle, une préoccupation que nous partagions.
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Hommage à Alain-4

22 octobre 2019,

L’invention du Sauvage

Par Alain Hervé

Le Sauvage, publié par le groupe du Nouvel Observateurde 1973 à 1981, fut pendant neuf ans le magazine écologique le plus diffusé en France avec une diffusion mensuelle avoisinant en moyenne les 45 000 exemplaires, dont près de 20 000 abonnés.

Tout avait commencé avec un numéro spécial du Nouvel Observateurpublié en juin 1972 et intitulé La dernière chance de la Terre. Y collaborèrent Théodore Monod, F.-O. Giesbert, Michel Bosquet alias André Gorz, Gilles Lapouge, Bernard Guetta, Edgar Morin et le Club de Rome. Ce ballon d’essai fut un succès avec près de 120 000 exemplaires vendus et décida Claude Perdriel, le patron du groupe, à tenter le magazine écologique mensuel que je lui proposais. Ce fut Le Sauvage.

Ce titre au parfum rousseauiste fut proposé par Victor Zigelman, le secrétaire de rédaction qui arrivait de France-Soir et qui observait depuis plusieurs jours nos discussions à la recherche d’un titre. Nous en étions à L’Œuf, lorsque Victor nous dit : « Ce matin, je me suis brossé les dents avec le dentifrice “au goût sauvage”, vous devriez appeler ce journal Le Sauvage».
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Hommage à Alain-3

21 octobre 2019,

Hommage à Alain par Daniel Maja

Chers amis,

Mon témoignage (je devrais dire notre témoignage d’Ewa et moi) portera sur deux thèmes, je vous rassure, très brefs.

Celui du dessinateur qui a publié dans « Le Sauvage » depuis le début et dans les « Sauvage » sous toutes les formes qui ont suivi.

Celui d’amis d’Alain, nous l’avons vu durant des décennies, des années Sauvage jusqu’à ses dernières journées de mai dernier.

Nous fûmes dans ses maisons de la presqu’île de Giens, Cap d’Ail, Menton, Grandville, Chausey, rue Jussieu, Quai des Grands-Augustins, de la Tournelle, rue d’Assas, rue vieille du Temple, du petit pont, j’en oublie, la péniche sur la Seine…car Alain déménageait sans cesse, ne restait dans la demeure qu’il avait transformée, rebâtie, que quelques mois, quelques années, rêvant de s’établir ailleurs.
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Hommage à Alain-2

20 octobre 2019,

Ce texte a été lu le 16 octobre 2019, en introduction de la réunion d’hommage à Alain Hervé.

 Chemin de paradis,

 par Pierre Lieutaghi

S’il est vrai qu’un arbre, plus particulièrement, s’accorde à notre personne profonde, ta passion pour les palmiers, Alain, enseigne beaucoup sur ce que tu fus : rigoureux avec propension à la nonchalance, passionné allant calme, et loin, dans l’approbation des lumières, l’attente des ombres — fier méditatif à la réserve de prince. Si tu avais porté un blason, ç’aurait été : d’azur à phénix d’or.

Tu écris : « J’aime le désordre, je milite pour le désordre qui est l’ordre caché de la nature ». Les palmiers sont cet ordre à eux seuls ; ils contredisent ce qu’on prend pour de la confusion, réalisent l’accomplissement de présence, et d’ambivalence : à la fois herbe et arbre, souplesse et rigidité. À moitié faits de lumière ciselée, ils attestent l’habileté du jour. Tu as passé ta vie à célébrer ce jour tremblant, ses éclats, l’ombre où l’on vient méditer la lumière.

Tu as tant aimé les plantes distantes de nos soucis, impassibles mais tellement imbriquées à l’œuvre de vie qu’il en résulte ce monde où une conscience les trouve belles. Et l’art, lumière humaine d’aube. D’Arezzo, où « tout n’est que rêve », où tu remarques encore une palme, tu rapportes ce que nul critique n’a su voir chez Piero della Francesca : un silence « comme si le temps d’un instant le plan de Dieu pour le monde et ses créatures devenait soudain visible ».

On s’était rencontrés à Paris, un jour terne où passaient des mots clairs,
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Hommage à Alain-1

19 octobre 2019,

cliché Jean-Pierre Godeaut

Le 16 octobre 2019, une cinquantaine de personnes se sont réunies au Ministère de la Transition écologique et solidaire pour un hommage à Alain Hervé. Nous publierons les principales interventions. Sophie Chauveau a accepté d’évoquer la dimension d’Alain écrivain, prenez le temps de lire et méditer son éloge…

Hommage à Alain,

par Sophie Chauveau.

Fin août, je suis allée au Mucem, il y avait une très belle expo sur les Îles. Des îles rêvées, inventées, englouties… C’était comme un hommage très, trop discret à notre ami mort au début du mois de mai, et pourtant nulle part il n’était cité.

Comme depuis le début de l’été, j’avais entrepris de relire toute son œuvre littéraire, ça m’a d’abord scandalisée. Puis je me suis dit qu’à sa façon désinvolte, il avait dû le désirer, ce passage sous silence, sinon… N’a-t-il pas eu longtemps les moyens de parler et de faire parler?

Artiste de la conversation, je l’ai entendu se définir tel. Il plaçait l’art de converser, façon salons du XVIIIe, au même niveau que l’art des jardins. C’est dire…

Cependant, en le relisant au petit point serré, je comprends à quel point la chose écrite comptait pour lui, et à quel point il affichait du détachement pour ne pas, pour ne jamais en souffrir. Il a toujours eu cette incroyable élégance.

Je me rappelle avoir souvent parlé avec lui des moyens de publier sans en passer par le cirque usuel. Exister sans effort ! Il y est presque tout le temps  parvenu.

Je voulais intituler cet hommage : Un autre monde était possible, tu l’as inventé puis habité. Souvent tu nous y as convié. Et pas mal influencé.
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