Articles avec le tag ‘collapsologie’

Prédiction

9 juin 2019,

Par Ghislain Nicaise

Dans sa dernière chronique (le 7 juin) Dominique Seux déplorait sur France Inter que la ville de Paris renonce à la publicité de Total pour les jeux olympiques. Ce peut paraitre injuste : on peut comprendre qu’Anne Hidalgo n’ai pas eu envie de se faire huer ; peut-être que Total investit dans le renouvelable mais son enseigne est un étendard de la combustion de fossiles. Dominique Seux a, comme il l’assume, la tâche ingrate de défendre le productivisme néo-libéral, il ne le fait pas de manière agressive et il est sincère, très probablement. Cela ne l’empêche pas de ressortir un bobard (fake news en français) récurrent sur le prétendu échec des prédictions de l’équipe Meadows dans le rapport The limits to growth demandé par le Club de Rome. Les famines prévues ne seraient pas arrivées. Dominique Seux fait juste une erreur de date. Nous sommes en 2019 et l’effondrement de la population mondiale n’est pas prévu par le modèle World 3 avant 2030. C’est l’occasion de rappeler une fois de plus que le rapport Meadows a été réévalué 30 ans plus tard par un auteur indépendant, dans un autre laboratoire. Ce modèle qui fonctionnait de 1900 à 1970 date de sa mise en oeuvre, fonctionne assez correctement de 1970 à 2000, il a donc été prédictif, c’est ce qui est représenté (suite…)

# 2 – L’effondrement qui vient !

28 mai 2019,

par Pascal Bourgois

La raison majeure qui empêche notre société d’agir contre le changement climatique, c’est que cela implique pour la plupart d’entre nous, les 80 % les plus riches du pays, de réduire de façon drastique notre consommation liée aux énergies carbonées (alimentation carnée, déplacements, chauffage, objets…), de réduire fortement le confort extraordinaire que nous connaissons depuis quelques décennies, grâce à nos 416 esclaves énergétiques par personne.

Idéalement il ne faudrait pas dépasser 1,5° d’augmentation moyenne, mais c’est devenu impossible. 2° est selon les scientifiques le seuil à ne dépasser à aucun prix. Or nous sommes sur une trajectoire de 3 à 6° à la fin du siècle. Il y a de fortes probabilités pour qu’au 21ème siècle, entre la moitié et les trois quarts de la population mondiale disparaisse via les guerres, les épidémies et les famines. 

Les + 1,1 ° d’augmentation de température que nous avons atteint, correspondent au CO² produit depuis l’ère pré-industrielle. Le CO² a une durée de vie de 100 à 200 ans. Si nous arrêtions aujourd’hui toute production, du fait de l’inertie du système, la température continuera d’augmenter. Si l’on considère que pour limiter le réchauffement climatique à 2°, chacun d’entre nous devrait limiter sa production de CO² à 1,7 tonnes/an soit le chauffage (suite…)

Vision de la Terre depuis Arcturus

19 décembre 2018,

Contribution à l’étude de l’état d’une planète vivante en crise, Sol3

par Namow Neergelttil, Dhp (traduit de l’Arcturien par Ghislain Nicaise)

Depuis le dernier état des lieux effectué par ma directrice de recherche la professeure Bmudoston, j’ai pu confirmer une évolution récente de la situation sur Sol3. Plusieurs indices permettent de proposer que cette planète est en train de perdre le stade d’équilibre organique. Ce processus est mis en oeuvre par une seule espèce de primates qui ne cherche pas à conserver sa stratégie reproductrice de type K (NDT 1) mais prépare une transition d’abandon d’un écosystème basé sur la chimie du carbone.

Cet exposé sera illustré par des documents élaborés par les primates dominantes elles-mêmes (NDT 2), ce qui devrait confirmer la nature délibérée de cette transition ainsi que le caractère irrationnel, de type religieux, de la mise en œuvre de ces changements rapides.

La capacité de charge de Sol3 est largement dépassée

Fig. 1. A. L’effectif de population des primates dominantes (axe vertical) au cours du temps (axe horizontal – exprimé en nombre de révolutions de la planète autour de Sol ou années; le temps zéro est une valeur arbitraire d’origine religieuse).

B. Modèle d’évolution d’une population qui dépasse la valeur K, capacité de charge du milieu figurée en pointillés (cours d’écologie des populations de l’Université du Wyoming). Si ce schéma général est appliqué à la population de l’espèce dominante sur Sol3, on peut situer le temps présent juste avant la pointe du pic, alors que K a commencé à décroitre. (suite…)

Entretien collapsologiste

4 décembre 2018,

Nous avons lu avec intérêt cet entretien sur le site de notre confrère Le Vent Se Lève (LVSL)

THÉORIE DE L’EFFONDREMENT : « Le système actuel de représentation démocratique opère un rétrécissement de la pensée » – ENTRETIEN AVEC CORINNE MOREL DARLEUX (CMD)

Par Pierre Gilbert – 14 novembre 2018. Corinne Morel Darleux est conseillère régionale d’Auvergne-Rhône-Alpes pour le Parti de gauche. Elle écrit tous les mois pour Reporterre, divers blogs et tient une chronique mensuelle à Là-bas si j’y suis. Elle est notamment l’auteur de L’écologie, un combat pour l’émancipation (Bruno Leprince, 2009) et a coordonné la rédaction du manifeste des 18 thèses pour l’écosocialisme qui marque l’apparition du terme écosocialisme en France. Elle fait partie de ces nouveaux penseurs de l’écologie politique et c’est à ce titre que nous avons voulu l’interroger.

LVSL – On voulait revenir sur l’article que vous avez écrit pour Reporterre, qui a été publié le 19 juillet et qui est intitulé « face à l’effondrement formons des alliances terrestres » où vous évoquiez votre rapprochement avec la collapsologie. C’est une théorie qui avait plutôt le vent en poupe, (suite…)

Collapsologie

24 novembre 2017,

par Ghislain Nicaise

Sur l’excellent site The Conversation, on peut lire une mise au point de Jacques Igalens, professeur à l’Institut d’Administration des Entreprises de Toulouse, intitulé La collapsologie est-elle une science ?
Cet article est intéressant, bien que fidèle à la ligne éditoriale de The Conversation, qui essaye de ne pas prendre parti, sans jamais y parvenir complètement (peut-être parce que c’est tout simplement impossible). J’ai cependant relevé une bourde, à moins que ce ne soit une maladresse d’écriture, je cite :
il s’agit, avec le Club de Rome, de véritables prédictions sur la base de modèles dont les fondements se présentent comme scientifiques… Force est de constater que ces prédictions n’ont – heureusement – pas été vérifiées – encore que l’effondrement soit prévu pour 2030 –, donnant ainsi raison à tous ceux qui avaient, dès la parution du rapport, critiqué à la fois les hypothèses et la méthode de J.W. Forrester, la dynamique des systèmes.
Or les prédictions du rapport Meadows (commandé par le Club de Rome au début des années 1970) ont été réévaluées pour la période de 30 ans qui a suivi, avec de meilleurs ordinateurs et probablement de meilleures bases de données par l’australien Graham Turner. Contrairement à ce qu’écrit Jacques Igalens et que j’ai relevé sous la plume d’autres auteurs les prédictions ont jusqu’à présent été largement vérifiées (voir ici). Si le modèle qui était fonctionnel (rétroactivement) de 1900 à 1970, puis de manière prédictive pour le reste du XXe siècle continue à tenir la route, on doit donc effectivement s’attendre à l’effondrement de notre civilisation industrielle autour de 2030, avec la réserve d’une marge d’erreur (d’au moins cinq ans selon Dmitry Orlov) et surtout l’hypothèse que l’humanité continue à ne pas prendre les mesures qui s’imposent (en particulier renoncer à la croissance du PIB comme moteur de l’économie)1.

G.N.

(1) Le rapport Meadows prévoyait d’ailleurs plusieurs possibilités et plusieurs échéances selon les choix technologiques et politiques.

Note ajoutée le 3 décembre : Raphaël Stevens (le co-auteur du livre mis en illustration ci-dessus) m’a fait la faveur de réagir à cet article. Il m’a appris que G. Turner avait publié, seul, un travail assez simple d’actualisation des résultats du modèle World3 (celui du rapport Meadows) et qu’un modèle plus sophistiqué World6 aboutissait à la même conclusion : l’effondrement de la civilisation industrielle est un scenario très crédible. Il m’a permis aussi de nommer l’auteure du graphique de comparaison entre les prédictions de 1970 et leur vérification en 2000, il s’agit de Linda Eckstein, pour le compte du magazine en ligne du Smithsonian Institute.