Archive pour mai 2019

Pierre Fournier, à la racine de l’écologisme

31 mai 2019,

Il vient de paraître un livre dont le titre « Fournier, face à l’avenir » n’est pas particulièrement accrocheur. Si j’en avais vu la couverture en librairie, je ne l’aurais peut-être même pas feuilleté. Je l’ai lu cependant (1) et j’en recommande vivement la lecture. 

Son autrice Diane Veyrat a fait un excellent travail d’historienne, elle n’était pas née à l’époque qu’elle décrit de manière précise, les quatre années (1969-1973) d’intrusion de Pierre Fournier dans l’univers médiatique post-soixante huitard. Son livre est fidèle aux souvenirs que j’en avais gardé et a enrichi ces souvenirs d’une vision pertinente. J’ai toujours l’espoir un peu vain que les lectrices et lecteurs de mes écrits, qui sont plus jeunes que moi, ont à apprendre un peu du passé pour comprendre le présent. Pendant quelques années avec bien d’autres j’attendais la parution d’Hara-Kiri Hebdo (Charlie Hebdo à partir de novembre 1970 –2) pour l’ouvrir directement à la chronique de Fournier. Le Sauvage, dont je m’honore d’utiliser le titre, est paru à partir de 1973 et son succès, l’éducation de son lectorat, doivent probablement beaucoup aux quatre années de l’étoile filante Fournier (mort cette année là à l’âge de 35 ans).

Quand en 1984 les principaux mouvements écologistes se sont réunis pour fonder les Verts, l’influence de Fournier était encore perceptible dans l’orientation « ni droite ni gauche » (suite…)

À Alain Hervé, mentor en plantation de jasmin et d’herbes folles…

29 mai 2019,

De Sophie Chauveau 

Inventaire de ce que j’ai retenu de toi

J’ai tant appris de toi quant aux choses de ma vie que je ne sais par où commencer pour tresser ton blason toi, qui savais les lire…

Le regard amusé, sceptique, tendre et désabusé ?

Comme tu te décris toi même « un air fiérot, vaillant, conquérant, aigu… »

L’art de maisons, des peintures aux pigments, d’une certaine retenue jusque dans la luxuriance de la végétation ?

L’art de la conversation comme celui de l’amitié à distance, des idées à reprendre comme on reprise un vieux pull, à décliner dans un sens puis un autre.

Ta belle tenue, et cette indécrottable tenue quite british ! Je suis passée ce matin devant la boutique de soldes de tes fameuses vestes en pieds de poule, ou de coq, ajoutais-tu malignement. Et j’ai eu envie de dire au tenancier qu’il ne te verrait plus. Et puis non.

Il court une anecdote sur Joan Miro, que nous nous racontions chaque fois qu’on se retrouvait après quelque absence et qui faisait notre joie. Apocryphe ou véridique, l’histoire raconte (suite…)

# 2 – L’effondrement qui vient !

28 mai 2019,

par Pascal Bourgois

La raison majeure qui empêche notre société d’agir contre le changement climatique, c’est que cela implique pour la plupart d’entre nous, les 80 % les plus riches du pays, de réduire de façon drastique notre consommation liée aux énergies carbonées (alimentation carnée, déplacements, chauffage, objets…), de réduire fortement le confort extraordinaire que nous connaissons depuis quelques décennies, grâce à nos 416 esclaves énergétiques par personne.

Idéalement il ne faudrait pas dépasser 1,5° d’augmentation moyenne, mais c’est devenu impossible. 2° est selon les scientifiques le seuil à ne dépasser à aucun prix. Or nous sommes sur une trajectoire de 3 à 6° à la fin du siècle. Il y a de fortes probabilités pour qu’au 21ème siècle, entre la moitié et les trois quarts de la population mondiale disparaisse via les guerres, les épidémies et les famines. 

Les + 1,1 ° d’augmentation de température que nous avons atteint, correspondent au CO² produit depuis l’ère pré-industrielle. Le CO² a une durée de vie de 100 à 200 ans. Si nous arrêtions aujourd’hui toute production, du fait de l’inertie du système, la température continuera d’augmenter. Si l’on considère que pour limiter le réchauffement climatique à 2°, chacun d’entre nous devrait limiter sa production de CO² à 1,7 tonnes/an soit le chauffage (suite…)

Un problème de cadres

27 mai 2019,

Par Ghislain Nicaise

Nous avions récemment souligné les excès de l’écolo-diversité. Toutes les organisations se réclamant d’une approche politique de l’écologie n’étaient cependant (heureusement ?) pas sur la ligne de départ de ces élections européennes mais il y en avait plusieurs. En outre, des personnalités clairement représentatives de cette approche figuraient dans les listes de la majorité (Pascal Canfin, Pascal Durand), de la France Insoumise (Sergio Coronado), d’Envie d’Europe-Glucksmann (Pierre Larrouturou –1), de Génération.S-Benoit Hamon (Pierre Serne). Pour ne citer que mes préférés, Pascal Durand a été élu mais Pierre Serne n’est pas passé et aurait pourtant fait un très bon député européen comme il a été un excellent conseiller régional. Bien entendu toutes ces personnes n’ont pas les mêmes positions sur tout, bien entendu le parlement européen n’a pas les moyens de prendre toutes les mesures qui semblent nécessaires, mais je fais partie des gens qui vont voter, sans trop d’illusions, pourvu que ça aille dans le bon sens.

Comment essayer de faire des additions pour évaluer (suite…)

Evidence

25 mai 2019,
Soudain tout s’arrêta, le jet de gicler, le temps de filer, la rhubarbe de pousser, les pies de jacasser, seul un nuage flottait sans conviction.
Georges vit alors clairement Ce qui unissait les crosses de fougères à la fureur génésique des bourdons et les élections présidentielles, la mante croquant goulûment son partenaire et le cynisme des politiques, l’invasion conquérante des potirons et le Lebensraum des chevaliers teutons, le liseron étrangleur et la rapacité des mégabanques, l’acanthe et le lombric…
Evident, Docteur Watson!  Et Georges participait de cette Evidence…
Le soir,il tenta de noter tout cela dans son carnet, il s’embourba et sombra en platitude. La page chiffonnée  en boule fut balancée dans la cheminée, on avait fait du feu, les nuits étaient encore fraîches.